Barrage de Fangoala, dans la commune rurale d’Ambahita (district de Bekily), sur la rivière Menarandra : appel à la clarification juridique, à la transparence et à la protection des populations

Barrage de Fangoala, dans la commune rurale d’Ambahita (district de Bekily), sur la rivière Menarandra : appel à la clarification juridique, à la transparence et à la protection des populations

Admin MOM
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L’installation récente d’un barrage de Fangoala, dans la commune rurale d’Ambahita (district de Bekily), sur la rivière Menarandra par la société COPAX Resources Co. Ltd, suscite de vives préoccupations d’ordre juridique, technique et social, tant au sein des communautés locales que parmi les organisations de la société civile.

confusion persistante quant a la nature exacte des autorisations de prelevement d'eau sur la riviere menarandra

La société COPAX Resources Co. Ltd développe, dans la commune rurale d’Ambahita, un projet d’exploitation de graphite actuellement en phase de développement. Dans ce cadre, le barrage implanté sur la rivière Menarandra est présenté par l’entreprise comme un ouvrage destiné à l’alimentation en eau des opérations de traitement du minerai de graphite.

La situation actuelle est marquée par une confusion persistante quant à la nature exacte des autorisations administratives délivrées, à la répartition des compétences entre les institutions concernées, ainsi qu’à l’état réel d’avancement du projet et de ses ouvrages connexes.

Selon les informations recueillies auprès de l’Autorité Nationale de l’Eau et de l’Assainissement (ANDEA), la société COPAX se prévaut de la décision n°06/2025-MEAH/ANDEA/DG/PRE du 30 mai 2025, laquelle portait exclusivement sur la réalisation et le démarrage d’une étude de faisabilité, ainsi que sur une autorisation de prélèvement d’eau de surface sur la rivière Menarandra en vue du traitement du minerai de graphite.

Cette décision ne constituait en aucun cas une autorisation d’exécution, de construction ou de mise en service d’un barrage, ces actes relevant de procédures distinctes, spécifiques et conditionnées par des exigences techniques, environnementales et de sécurité particulières.

La société COPAX affirme que l’installation du barrage aurait été réalisée dans le respect des normes techniques en vigueur et sur la base d’autorisations qu’elle estime valides. Toutefois, selon les informations disponibles auprès des autorités consultées, notamment l’Office National pour l’Environnement (ONE), cet ouvrage ne figure pas explicitement dans les cahiers des charges environnementaux communiqués dans le cadre du projet d’exploitation.

Par ailleurs, à ce jour, aucune communication officielle ni aucun avis formel émanant du Comité Technique d’Évaluation compétent n’ont été rendus publics, permettant d’attester de la conformité ou de la non-conformité environnementale et sociale de l’ouvrage.

contestation d'un decision ordonnant une demolition du barrage

À la suite de la descente sur le terrain effectuée par des techniciens des ministères concernés en décembre 2025, ainsi que des échanges menés avec les communautés locales, l’ouvrage est largement perçu comme une infrastructure potentiellement dangereuse, compte tenu de sa nature, de la proximité des habitations, de l’usage quotidien de la rivière, et de l’insuffisance d’informations accessibles sur les mesures de sécurité hydraulique, de prévention des risques et de gestion des situations d’urgence.

Dans ce contexte, une décision administrative ordonnant la démolition contrôlée du barrage pour non-conformités techniques et environnementales, à savoir la décision n°A.7/2025-MEAH/ANDEA/DG a été portée à la connaissance du public. Cette décision fait actuellement l’objet d’un recours devant le Conseil d’État, plaçant le dossier dans une situation de contentieux en cours.

Malgré ce contexte juridique incertain, et alors même que le Conseil des ministres, en date du 20 janvier, a pris acte d’un rapport faisant état d’irrégularités et de non-conformités l’ouvrage demeure en place, alimentant l’inquiétude légitime des populations riveraines, notamment celles situées en aval du barrage;

la societe fait appel a la responsabilite des institutions concernees

Face à cette situation, la société civile exhorte les autorités compétentes à :

  • Une clarification immédiate et officielle du statut juridique, technique et environnemental de l’ouvrage installé à Ambahita ;
  • Une communication publique transparente sur la portée exacte des autorisations délivrées, notamment la décision n°06/2025-MEAH/ANDEA/DG/PRE du 30 mai 2025, ainsi que sur les responsabilités respectives des institutions concernées ;
  • L’application stricte du principe de précaution, afin de garantir la sécurité des populations riveraines et de prévenir tout risque humain, environnemental et social ;
  • L’organisation urgente d’un dialogue multipartite associant les autorités techniques compétentes, la société COPAX, les collectivités territoriales décentralisées, les communautés locales et les organisations de la société civile ;
  • Le respect strict de l’État de droit, en plaçant la protection des populations et la prévention des risques au-dessus de toute considération opérationnelle ou économique ;
  • Le renforcement de la gouvernance, de la transparence et de la participation citoyenne dans la mise en œuvre des projets extractifs et des infrastructures associées.