AMBATOVY

AMBATOVY

23 juillet 2026 Alaotra-Mangoro 5 min de lecture 13 vues

PROFIL DE La compagnie

Dénomination : Ambatovy ( Ambatovy Minerals S.A. & Dynatec Madagascar S.A.)
Propriétaire(s) :AMRI (54,17%), KOMIR (45,83%)
Minerai(s) : Nickel, Cobalt, Sulfate d'ammonium (sous-produit)
Projet(s) :Mandena
Localisation : Région Alaotra-Mangoro, District Moramanga (mine), Région Atsinanana, District Toamasina II (usine)
Statut :En exploitation
Début des opérations :2007 (Construction), 2012 (Production industrielle)
Enjeux majeurs :Déforestation et compensation biodiversité, fuites du pipeline et de l'installation de résidus, pollution, réinstallation et compensation, droits syndicaux

 

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CHAPITRE GOUVERNANCE

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Régime fiscal spécial

 

2006 - Régime fiscal spécial unique réservé à Ambatovy

La Loi sur les Grands Investissements Miniers (LGIM) est promulguée pour établir un régime fiscal, douanier et de change particulier pour les investissements miniers dépassant un seuil minimal (initialement 50 milliards d'Ariary). À ce jour, Ambatovy demeure le seul projet minier éligible à ce régime spécial à Madagascar, distinct du Code minier de droit commun applicable aux autres opérateurs, dont QMM. Sources : LGIM, 2005

2007 - Octroi du permis et début de la construction

Le ministère malgache de l'Environnement octroie le permis du projet en décembre 2006. La construction débute en 2007, avec le soutien de bailleurs internationaux dont la Banque européenne d'investissement (BEI). Le projet comprend un pipeline de 220 km reliant la mine à l'usine de Toamasina, et une installation de stockage de résidus (« tailings facility ») de 750 hectares composés de lacs de boues et de digues interconnectées. Sources : NS Energy Business — fiche projet

 

FINANCES

 

2018 - Paiements de ristournes aux collectivités

Après la publication des textes réglementaires définissant la répartition des redevances minières par Commune, Ambatovy effectue un paiement de 61,4 milliards d'Ariary destiné aux collectivités territoriales décentralisées concernées (régions Alaotra-Mangoro et Atsinanana, 20 communes), réparti selon les clés suivantes : 30 % à l'État malgache, 10 % au Fonds national de péréquation et 60 % aux collectivités décentralisées. Sources : Ambatovy, 2018

2020 - Suspension des transferts de redevances

Depuis septembre 2020, les transferts de ristournes minières d’Ambatovy ont été suspendue, en raison de la faible performance dans leurs utilisations, affectant directement le financement local des infrastructures (écoles, routes, eau) dans les communes concernées par le projet. Sources : EITI Madagascar – Annexes Rapport Assoupli 2020 ; Midi Madagasikara, 2022

2025 - Accusations de manipulation des prix de transfert

Une enquête de la presse malgache relève qu'Ambatovy, comme d'autres grands projets miniers du pays, est régulièrement accusé de manipulation des prix de transfert : une partie des bénéfices serait déclarée par une filiale basée au Canada plutôt qu'à Madagascar, réduisant d'autant la base taxable locale. L'article souligne plus largement la faiblesse des contrôles douaniers et l'absence de traçabilité complète des volumes exportés dans le secteur minier malgache. Sources : Madagascar-Tribune.com, 2025

 

ACTIONNARIAT

 

2019 - Sherritt vend sa part

Sherritt annonce le 26 février 2019 qu'elle ne financera pas sa quote-part de 12 % dans un appel de fonds destiné à renforcer la liquidité à court terme d'Ambatovy. La société devient officiellement "actionnaire défaillant" le 6 mars 2019, tout en conservant son rôle d'opérateur du site. La participation de Sherritt dans Ambatovy est ramenée à zéro en 2020. La même année, le gouvernement sud-coréen annonce son intention de céder ses participations dans plusieurs mines jugées déficitaires, dont Ambatovy. Sources : Resource World Magazine, 2020 ; Global Energy Monitor — Ambatovy Nickel power station

2024 - Plan de restructuration de dette devant un tribunal londonien

Les sociétés du projet Ambatovy déposent un plan de restructuration de dette devant un tribunal de Londres. Sumitomo précise que cette démarche s'inscrit dans un effort pour assurer la stabilité et l'efficacité opérationnelle du projet, et non une procédure de liquidation. Le plan est approuvé et la restructuration finalisée début décembre 2024. Sources : Mining.com, 2024

2025 - Dépréciation totale de la valeur comptable du projet

Sumitomo ramène à zéro la valeur comptable d'Ambatovy dans ses comptes, enregistrant une perte de dépréciation de 89 milliards de yens (environ 584 millions de dollars). La perte cumulée du groupe sur le projet, depuis son entrée en 2005, atteint environ 410 milliards de yens (environ 2,6 milliards de dollars) selon les chiffres communiqués par l'entreprise. La production pour l'exercice avril-septembre 2024 chute à 10 000 tonnes de nickel, soit la moitié du niveau de la période équivalente en 2023. Sources : Ecofin Agency, 2024 ; Discovery Alert, 2026

2026 - Cession de la part majoritaire de Sumitomo à un nouveau consortium

Sumitomo annonce le 1er mai 2026 la cession de sa participation de 54,17 % à Ambatovy Mineral Resources Investment (AMRI), consortium dirigé par Essenwood Partners (Jason Kluk, ancien responsable du trading nickel chez Glencore) et Zungu Investments Company (Sandile Zungu, homme d'affaires sudafricain). La transaction s'effectue à une valeur négative : Sumitomo verse environ 418 millions de dollars à l'acquéreur pour se défaire de l'actif, et enregistre une perte supplémentaire d'environ 447 millions de dollars sur le trimestre. La clôture de la transaction est prévue avant fin septembre 2026, sous réserve que les opérations, suspendues depuis février 2026 en raison du cyclone Gezani, reprennent d'ici là. Sources : Mining.com, mai 2026 ; Billionaires Africa, mai 2026 ; Mining.com, juin 2026

 

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CHAPITRE ENVIRONNEMENT

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Déchets - Résidus miniers (« tailings »), fuites et ruptures de pipeline

 

2012 - Première fuite du lac de résidus

En août 2012, le lac de l'installation de résidus commence à fuir ; des travaux de réparation sont commandités. Cet épisode initie une série de préoccupations sur l'intégrité de l'ouvrage, qui se prolongera durant toute la décennie suivante. Sources : The Ecologist, novembre 2017

2016 - Blocage du pipeline de résidus et difficultés financières

Un blocage survient dans le pipeline de résidus, contribuant, avec d'autres problèmes de fiabilité des équipements, à des résultats financiers en baisse pour Ambatovy. Cette période de difficultés techniques et financières marque le début d'une restructuration de l'actionnariat. Sources : Mongabay, juin 2018

2018 - Plainte officielle déposée au mécanisme de réclamation de la BEI

En 2012, une plainte (réf. SG/E/2012/04) est déposée auprès du Mécanisme de réclamation de la Banque européenne d'investissement (BEI-CM), bailleur du projet. Elle documente plusieurs fuites constatées sur le pipeline menant à l'installation de résidus. La mission d'enquête de la BEI confirme l'existence de fuites sur au moins deux raccords de vannes avant janvier 2014, ainsi qu'une fuite supplémentaire en avril 2014, attribuées à la corrosion et à l'érosion des canalisations. Le rapport de conclusions est publié en mars 2018. Sources : BEI - Rapport de conclusions, 2018

2018 - Rejet des eaux usées en mer par émissaire marin

Le rapport de la BEI confirme que les eaux excédentaires de l'installation de résidus sont rejetées en mer via un émissaire marin situé à 1500 mètres du rivage, à une profondeur d'environ 20 à 25 mètres. Le promoteur du projet est responsable de la conformité du projet aux normes applicables ; la BEI avait un rôle de suivi et de vérification, mais s'appuie en partie sur un consultant rémunéré par Ambatovy lui-même (CAM, basé au Colorado), une situation relevée comme un possible conflit d'intérêt par les ONG. Sources :  BEI - Rapport de conclusions, 2018 ; Counter Balance, 2017

2024 - Rupture du pipeline de transport du minerai

Le pipeline transportant le minerai ("slurry") depuis la mine jusqu'à l'usine de traitement subit une rupture le 25 septembre 2024, provoquant le déversement de minerai dans l'environnement. Aucun blessé n'est rapporté. Le pipeline est fermé et la cause de l'incident fait l'objet d'une enquête ; les opérations restent suspendues pendant environ un mois. Sources : Sumitomo Corporation, 2024 ; Energy News / OE Digital, 2024

2024 - Reprise progressive après la rupture du pipeline

Sumitomo annonce le 31 octobre 2024 la reprise progressive de la production après un mois d'arrêt. La société n'a pas atteint ses objectifs de production pour l'exercice clos en mars 2024 (31 000 tonnes de nickel produites contre un objectif de 40 000 tonnes), entraînant une dépréciation comptable d'environ 584 millions de dollars. Sources : Ecofin Agency, 2024

2026 - Suspension préventive avant le cyclone Gezani — dégâts confirmés

Les opérations sont suspendues de façon préventive en février 2026 en anticipation du cyclone tropical Gezani. Les installations subissent des dégâts confirmés, entraînant une suspension prolongée de la production, dont la reprise n'est espérée qu'entre mai et juin 2026 puis repoussée à nouveau. Sources :  Global Energy Monitor ; Billionaires Africa, 2026

 

Produits chimiques — insecticides, gaz et fuites toxiques

 

Vers 2008–2010 - Épandage d'insecticides et disparition des abeilles

Lors de la phase de construction, des insecticides (deltaméthrine et/ou cyperméthrine) sont épandus sur les installations pour protéger les ouvriers contre le paludisme. Les riverains rapportent une disparition des abeilles, l'arrêt de la pollinisation et le dépérissement de cultures locales dans les zones concernées. Sources : The Ecologist, 2017 ; BEI, 2018, allégations B.1

 Depuis 2012 - Odeurs persistantes d'ammoniac et d'acide sulfurique à Toamasina

Les habitants des quartiers résidentiels de Toamasina traversés par le pipeline transportant l'ammoniac entre le port et l'usine rapportent de fortes odeurs d'acide et de corrosion. Des reportages de terrain (janvier 2017, avril 2018) confirment une forte odeur d'ammoniac et d'acide sulfurique. Des habitants rapportent des irritations oculaires, infections buccales chez les enfants et infections oculaires chez les personnes âgées, qu'ils attribuent aux substances utilisées par Ambatovy. Sources :  The Ecologist, 2017Mongabay, 2018

2012 - Fuite de dioxyde de soufre, 50 personnes affectées

Lors d'essais de l'usine de Toamasina en octobre 2012, une vanne défaillante laisse échapper du dioxyde de soufre (SO2), rendant malades environ 50 personnes selon les médias locaux. L'ONG canadienne MiningWatch rapporte que des villageois attribuent à cette fuite le décès de deux adultes et de deux nourrissons. Ambatovy reconnaît des « légères irritations oculaires et quelques difficultés respiratoires » signalées par des riverains, tout en indiquant que les médecins de l'entreprise les ont jugés en bonne santé. Trois fuites similaires surviennent le mois suivant. Sources : Mongabay, 2018

2018 - Manganèse au-dessus de la moyenne dans les rivières locales

Des riverains rapportent que la qualité de l'eau des rivières locales s'est dégradée depuis l'arrivée du projet, avec des conséquences sur la faune, les cultures et la santé humaine. Selon les analyses citées par les experts de la BEI, les échantillons d'eau des rivières environnantes ne montrent rien d'anormal hormis un niveau de manganèse supérieur à la moyenne, une situation que la direction de la mine s'efforce de corriger selon ce rapport. Sources : Counter Balance, 2017

 

Biodiversité — déforestation et compensation écologique

 

2006 - 127 espèces végétales et plusieurs espèces animales menacées recensées

L'étude d'impact environnemental et social de 2006 recense 127 espèces végétales préoccupantes sur le site minier (dont 68 endémiques à la zone), ainsi que plusieurs espèces animales menacées, notamment l'oiseau Sarothrura watersi (en danger), l'indri (Indri indri, en danger critique), le sifaka à diadème (Propithecus diadema) et sept autres espèces de lémuriens. Sources : Mongabay, 2018

2010 - Environ 2065 à 2500 hectares de forêt détruits

La mine à ciel ouvert occupe environ 1600 hectares d'ancienne forêt tropicale. Selon les sources, l'empreinte totale du projet (mine, corridor du pipeline, installations) affecte directement entre 2065 et 2500 hectares de forêt, dont 16,5 hectares de forêt zonale dans le corridor forestier protégé d'Ankeniheny-Zahamena, malgré des efforts d'évitement dans le tracé du pipeline. Sources : Dickinson & Berner, 2010

2011 - Création du "Biodiversity Offset" d'Ankerana et restriction d’accès aux ressources dans les zones de compensation

Ambatovy établit un "Biodiversity Offset", une compensation écologique de 6800 hectares dans la forêt d'Ankerana, destinée à compenser la déforestation de 2065 hectares causée par son activité minière, en limitant l'agriculture sur brûlis pratiquée par les populations locales dans cette zone. En 2017, une étude présentée à la conférence de l'Association for Tropical Biology and Conservation constate que si l'offset d'Ankerana a permis d'éviter la destruction d'environ 325 hectares de forêt entre 2011 et 2015, les données suggèrent que la déforestation évitée dans la zone protégée s'est simplement déplacée vers des zones non protégées à proximité. Les populations continuent de se procurer le bois nécessaire ailleurs. Une analyse comparative des compensations écologiques minières à Madagascar (incluant celle de QMM et d'Ambatovy) relève que les Offsets souffrent des mêmes problèmes que tout projet de conservation dans un pays faiblement régulé, notamment la captation par des élites locales et des restrictions d'accès aux ressources qui pénalisent les populations les plus pauvres, déjà dépendantes de ces forêts pour leur subsistance. Sources : Mongabay, 2020

2022 - Étude Nature Sustainability : objectif de "No Net Loss" en bonne voie, mais contesté

Une étude publiée dans la revue Nature Sustainability conclut que les compensations écologiques d'Ambatovy sont en bonne voie d'atteindre l'objectif de "No Net Loss" de forêt. Cette conclusion, reprise par l'entreprise, est qualifiée d'« accolade controversée » par certains observateurs en raison des nombreuses réserves méthodologiques qui l'accompagnent et de l'absence d'évaluation concrète à ce stade. Le succès réel ne pourra être mesuré qu'à la fermeture de la mine. Sources : Nature Sustainability, 2022 ; Global Energy Monitor

 

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CHAPITRE SOCIAL

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Réinstallation, compensation et santé des communautés

 

2012 - Déplacement et compensations contestées

La construction du projet entraîne le déplacement de plusieurs ménages, dans le cadre d'accords de compensation jugés controversés et qui divisent les communautés concernées. L'ONG italienne Re:Common documente que des agriculteurs de rizières ont été relocalisés vers des terres moins fertiles et davantage sujettes aux inondations. Sources : Re:Common, 2013 ; Counter Balance, 2017 ; The Ecologist, 2017

2017 - "Avant l'arrivée de Sherritt, nous avions de l'eau potable"

Des riverains de la zone du lac de résidus rapportent une dégradation de leur accès à l'eau potable et des problèmes de santé récurrents depuis la construction du barrage de l'installation de résidus. Ambatovy reconnaît par écrit avoir dû fournir temporairement de l'eau potable à plusieurs villages autour du lac de résidus "avant qu'un réseau de distribution d'eau ne soit livré", précisant que cette distribution vise à "dissiper les craintes" de la population. Sources : The Ecologist, 2017

2018 - Plaintes déposées au mécanisme de réclamation de la BEI

En 2012, le service des plaintes de la BEI à Luxembourg reçoit des plaintes relatives au projet Ambatovy, couvrant des allégations environnementales (pollution de l'eau, fuites du pipeline), de santé-sécurité (épandage d'insecticides, fuites de SO2 et d'ammoniac) et de mise en œuvre du Plan d'action de réinstallation (qualité de la réinstallation, moyens de subsistance des personnes déplacées). La BEI publie son rapport en 2018. Sources : BEI, 2018

 

Impacts socio-économiques

 

2024 - Une étude comparative révèle des impacts négatifs disproportionnés

Une étude comparative sur les impacts socioéconomiques des industries extractives (incluant Ambatovy, QMM et Base Toliara) constate que les hommes de plus de 25 ans sans handicap bénéficient le plus de la présence de l'industrie minière, tandis que les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap connaissent des situations moins favorables, notamment en matière d'accès à l'emploi et de hausse des dépenses courantes (alimentation, transport, santé). Un chef de fokontany près de Toamasina rapporte que la présence d'employés expatriés d'Ambatovy "entraîne des perturbations de la paix sociale et suscite fréquemment des conflits avec la population locale". Sources : Randrianarisoa & als, 2024 ; PCQVP Madagascar, 2024

 

Emploi, conditions de travail et licenciements

 

2011 - Grève sauvage des ouvriers de construction et tensions sociales

Des ouvriers licenciés de la phase de construction entament une grève sauvage en janvier, estimant que les emplois promis à la fin du chantier ne se sont pas matérialisés. Des habitants des villes voisines comme Moramanga rapportent une précarisation croissante, incluant une hausse signalée de la prostitution et des difficultés d'accès à l'alimentation, attribuées par certains témoignages à l'augmentation du coût de la vie locale liée au projet. Sources : MiningWatch Canada, 2012

2015 - Grèves de 16 et 11 jours sur le site minier et l'usine

Une grève de 16 jours a lieu sur le site minier de Moramanga (16-31 mars 2015), suivie d'une grève de 11 jours à l'usine de Toamasina (13-23 avril 2015). Selon la présentation de Sherritt International à ses investisseurs, les motifs invoqués incluaient une demande de départ de certains cadres de la direction, que l'entreprise qualifie de « politiquement motivée » et liée à un syndicat affilié à un parti d'opposition. Un accord de retour au travail inclut un engagement à la négociation collective. Sources : Sherritt International, Ambatovy Site Tour

2015 - Licenciement de 1100 travailleurs

Sherritt annonce sans préavis le licenciement de 1100 travailleurs d'Ambatovy, soit 12 % des effectifs directs et indirects du groupe au niveau mondial. Les travailleurs concernés se voient refuser l'accès au site le vendredi suivant et certains sont contraints de rentrer chez eux à pied, dépouillés de leurs vêtements de travail. Une seule indemnité d'un mois de salaire est proposée. Le syndicat international IndustriALL rapporte qu'une travailleuse licenciée a fait une tentative de suicide, et adresse ses condoléances à sa famille. Les syndicats locaux dénoncent une mesure de rétorsion ("union busting") contre les grèves de mars-avril, en violation de la législation du travail malgache sur les procédures de licenciement collectif. Sources : IndustriALL Global Union, 2015 ; Unifor, 2015

2019 - Menace de grève sur fond de craintes de suppressions d'emplois

Les travailleurs d'Ambatovy envisagent une action collective face à des craintes de nouvelles suppressions d'emplois, dans un contexte de crise politique nationale. Sources : Mining Technology, 2019

2020 - Mise en chômage technique de 60 % des effectifs sans consultation syndicale

Après que sept travailleurs ont été testés positifs à la COVID-19 sur le site minier de Tamatave, environ 60% des effectifs (3000 employés sur le site usine, 1200 sur le site minier) sont placés en chômage technique pour six mois, à salaire réduit (100 % en juin, 75 % en juillet, puis 50 % les mois suivants). Les syndicats affiliés à IndustriALL (SVS, SEKRIMA, FESATI) contestent cette décision, affirmant n'avoir jamais été consultés, en violation du Code du travail malgache qui impose une consultation syndicale préalable à toute mise en chômage technique. Sources : IndustriALL Global Union, 2020

2025 - Le Conseil d'État juge que Sherritt n'est pas au-dessus des lois

Le Conseil d'État malgache, juridiction de dernier recours, ordonne la réintégration de Barson Rakotomanga, représentant du personnel élu et membre du comité d'entreprise d'Ambatovy, licencié sept mois plus tôt après avoir mené une grève à la suite du décès d'un collègue de travail. Le syndicat SVS, affilié à IndustriALL Global Union, avait contesté le licenciement — initialement validé par le ministère du Travail, en faisant valoir la protection légale des représentants syndicaux élus. La décision est saluée comme un précédent pour les 15 autres représentants syndicaux et du personnel licenciés par Sherritt pour motifs économiques. Sources : IndustriALL Global Union, 2025

 

 

Dernière mise-à-jour : 23 juillet 2026

 


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