droits humains
acces a l'emploi et au recrutement local
L’étude sur l’accès à l’emploi révèle que seulement 24,3 % des ménages interrogés, soit 52 sur 214, ont soumis une candidature auprès de l'entreprise minière. En revanche, 75,7 % ne l'ont pas fait. Cette abstention est principalement due à un manque d'information ou de confiance, à un sentiment d'exclusion, ou encore à la conviction d’un rejet systématique de leur demande. Parmi les 52 ménages ayant postulé, 42,3 %, soit 22 ménages, ont effectivement été embauchés, tandis que 57,7 %, soit 30 ménages, ont vu leur candidature refusée. Les raisons évoquées par ces ménages non retenus sont particulièrement révélatrices. En effet, 56,7 % d’entre eux attribuent ce refus à un manque de compétences, ce qui souligne l’urgence d’un dispositif de formation professionnelle localement adapté. De plus, 33,3 % dénoncent une forme de discrimination perçue dans le processus de recrutement. Enfin, 10 % affirment avoir anticipé leur rejet, ce qui met en évidence un phénomène de résignation ou d’exclusion latente.

Violations des Us et coutumes
L’abattage de chiens dans la rivière, évoqué par 85 % des ménages interrogés en 2022, constitue la violation la plus fréquemment signalée. Cette pratique soulève un double enjeu. D’une part, elle représente un problème sanitaire majeur, puisque la rivière est une source d’eau utilisée quotidiennement par les communautés locales. D’autre part, elle revêt une dimension culturelle hautement sensible, le fait de tuer des animaux dans un espace sacré ou communautaire étant perçu comme une offense grave aux croyances locales. Cette situation traduit un profond manque de sensibilisation ou de reconnaissance des pratiques traditionnelles. Par ailleurs, l’atteinte aux lieux tabous, rapportée par 80 % des personnes enquêtées, concerne notamment des espaces sacrés tels que les tombeaux et les arbres ancestraux. Ces actes affectent directement des éléments spirituels centraux dans la culture locale et provoquent un sentiment de profanation des lieux de mémoire collective.
« Un propriétaire de tombe traditionnelle a demandé 35 bœufs afin de déplacer les dépouilles. Ils ont refusé de payer alors qu’il n’est pas dans nos coutumes de déplacer les sépultures. Nous le leur avons interdit mais ils ont fait à leurs têtes et ils ont déplacé nos ancêtres » Alisony, Chef du fokontany d’Ambahita
Expulsions des populations de leur terre
Dans le cadre de cette enquête, douze personnes affectées par le projet (PAPs) ont été interrogées. Il ressort que les preuves de droit foncier détenues par ces individus sont exclusivement coutumières ou totalement inexistantes.
Parmi elles, cinq signalent avoir subi des pressions ou des menaces dans le cadre des discussions. Il est également constaté une absence totale de convention formelle : aucun contrat écrit n’a été remis pour encadrer les modalités de l’acquisition foncière. Les conditions financières, les échéances, les obligations réciproques et la durée des accords sont ainsi restées floues ou inexistantes sur le plan juridique.
« Ils achètent les terrains à des sommes modiques, à raison de 300 000 ariary pour un hectare de terrain. Les gens ont peur et ils sont forcés à vendre » Alisony, Chef du fokontany d’Ambahita
Dernière mise-à-jour : 23 janvier 2026
